CR de l'audioconférence avec le recteur de Créteil du 13 novembre 2020

CR de l'audioconférence avec le recteur de Créteil du 13 novembre 2020

Participants à la visioconférence :

Pour le rectorat :

Daniel Auverlot, Recteur de l’académie de Créteil,

Christine Darnault (Directrice de cabinet adjointe), Gérard Jock (Proviseur Vie Scolaire)

Pour la Peep :

Myriam Menez (AD 94), Anne Sophie Lapotre (AD 93), Anne Godard (AD 77), Catherine Haroutunian (PEEP sup)

Autres représentants de parents :

FCPE 77, FCPE 93, FCPE 94, UNAAPE 77, UNAAPE 93, UNAAPE 94

Cette semaine, le recteur déplore les mouvements lycéens qui ont eu lieu et qui l’ont conduit à demander aux préfets de faire systématiquement intervenir les forces de l’ordre. De trop nombreux cours n’ont pas pu se tenir déjà l’an passé, c’est donc inacceptable.

Les établissements qui souhaitent mettre en place des aménagements d’emploi du temps doivent soumettre leur organisation à approbation. Les projets remontés sont souvent très intéressants. Ceux qui ont été refusés ne respectaient pas le principe selon lequel les élèves doivent être en cours présentiel au minimum à 50%. Dans certains établissements, les aménagements ne sont pas nécessaires, c’est particulièrement le cas en lycée pro d’autant que les enseignements professionnels ne peuvent être dispensés en distanciel et sont organisés en groupes réduits. Pour les collèges, le distanciel n’est pas souhaitable, les élèves de 6ème et 5ème ne peuvent pas rester seuls à la maison et les élèves de 4ème et 3ème ont particulièrement besoin d’encadrement pour éviter qu’ils ne décrochent. Dans de rares situations exceptionnelles, des aménagements pourront être envisagés : c’est ainsi le cas des établissements qui, ayant dépassé leurs capacités d’accueil et étant donc surchargés, sont confrontés à un manque de structures au niveau des locaux.

Pour le bac, suite aux dernières annonces, la part du contrôle continu dans la note finale passe de 10% à 40%. Les conseils de classe et conseils d’école doivent être organisés en distanciel mais le recteur admet que cette organisation est parfois difficile pour le premier degré peu habitué à utiliser ces moyens de communication. Les IEN doivent être sollicités pour accompagner les équipes concernées.

Les parents s’inquiètent du nombre de notes que les élèves auront ou non pour le contrôle continu quand, dans le même temps, les cours en présentiel vont être fortement réduits. Il n’est pas question que les moyennes se fassent uniquement sur une ou deux notes. Il n’est pas question non plus que les élèves se retrouvent systématiquement en contrôle lorsqu’ils sont en présentiel alors même qu’ils n’auront pas compris les notions qu’on leur aura demandé d’acquérir seuls à distance. De plus, dans certains établissements, des enseignants refusent de refaire les cours la semaine suivante aux élèves qui ont eu le cours en visio tandis que l’autre moitié de la classe était en présentiel : le recteur est opposé à ce genre de pratiques. Chaque établissement s’est vu attitrer un IPR de référence qui doit répondre aux questions des équipes pour que les organisations mises en place soient efficientes.

S’il y a un problème avec un enseignant ou une matière en particulier, il pourra solliciter ses collègues de la matière concernée. Les enseignants doivent organiser les évaluations en nombre suffisant mais pas plus. Il n’est pas non plus acceptable que les séances en présentiel se transforment en évaluations systématiques. Ne pas hésiter à contacter le chef d’établissement en cas de problème et si besoin, à remonter la situation au rectorat.

Le problème des certificats médicaux pour autorisation de travail sur machines dangereuses n’est toujours pas réglé au lycée Mansart ; le proviseur dit attendre l’accord du directeur de cabinet du recteur pour accepter les attestations établies par les médecins de ville et permettre ainsi que le médecin scolaire n’ait à voir que les élèves

qui n’ont pas encore d’attestation. Le nouveau médecin conseil du rectorat vient d’être recruté et la situation devrait être débloquée dès la semaine prochaine parce qu’effectivement la situation a trop duré.

Le nombre d’enseignants non remplacés ne cesse d’augmenter, mais globalement nous ne voyons pas les remplaçants arriver. La situation est très complexe puisqu’un nouveau texte a élargi la liste du public vulnérable autorisé à travailler en distanciel. Si on ajoute les personnels en arrêt puisque cas contacts en attente de résultats de dépistage, l’augmentation des arrêts liés à l’arrivée de l’hiver et le manque réel de candidats au recrutement, la situation est effectivement devenue critique. Le système est prévu pour un taux de remplacement de 8,8% or il est actuellement dépassé. Le recteur reconnaît que la réponse n’est pas satisfaisante mais on ne peut pas non plus engager n’importe qui pour assurer les cours. Toutefois, un point sur les situations que nous remontons régulièrement et qui ne sont pas résolues va être fait en urgence.

Les cours en distanciel commencent à se mettre en place, les parents n’ont été associés à aucune concertation, la plupart du temps nous découvrons au fil de la mise à jour de l’ENT de nouvelles organisations, sans la moindre explication. Les élèves se retrouvent le plus souvent avec une quantité impressionnante de travail personnel à faire la maison. Certains enseignants mettent en place « la classe inversée » ; ainsi, les élèves se retrouvent à devoir apprendre seuls le cours puis attendre le cours en présentiel pour poser leurs questions. Or, ce mode de fonctionnement est totalement inadapté aux élèves les moins autonomes. Il est arrivé que les élèves aient des cours en visio le soir après 17h30 voire 18h, donc doivent rentrer chez eux en courant pour se replonger dans les cours après une journée de classe et les transports. Au final, les parents nous sollicitent pour disposer d’adresses de cours privés. Une réflexion est en cours pour mettre les élèves en classe sous la surveillance d’un surveillant lorsque l’enseignant est totalement en distanciel (personne à risque) afin d’éviter ces situations. Le recteur estime que l’enseignement privé n’est pas plus efficient que le public. Les parents s’interrogent sur qu’on appelle le « distanciel ». Il existe plusieurs formes : des cours à étudier, des exercices à faire, des visios ou de l’enseignement asynchrone (le prof se filme avec la moitié de la classe et diffuse à l’autre moitié). Serait-il possible de disposer d’un protocole type « lycée » au moins avec ce qui est possible et ce qui ne l’est pas ? Le principe est simple, il ne doit pas y avoir moins de 50% des enseignements en présentiel. La priorité doit être donnée aux élèves les plus fragiles afin qu’ils soient le plus possible en classe. L’EPS doit être maintenue avec des activités sans contact physique.

L’établissement doit vérifier la capacité des élèves à se connecter et à travailler à distance. Enfin, le recteur n’est pas favorable à l’enseignement une semaine sur deux, lui signaler les cas. Certains enseignants arguent vivre en zone blanche et donc ne pas pouvoir faire de distanciel : Les enseignants qui disent être en zone blanche chez eux doivent faire leur travail au lycée qui est leur lieu officiel de travail et qui est parfaitement équipé.

Beaucoup d’établissements font de véritables efforts pour mettre en place le protocole sanitaire mais en collège, ils se heurtent à l’absence et au manque de personnel d’entretien. Le Conseil Départemental ne semble pas efficace pour trouver une solution. Le même problème se retrouve avec les assistants d’éducation. Toujours en collège, la facturation au trimestre avec un refus de rembourser les repas non pris incite les familles à laisser leurs enfants à la cantine alors que ces derniers pourraient revenir déjeuner chez eux. Il y a urgence à aborder cette question avec les chefs d’établissements. Aucune réponse du recteur à ces problématiques.

Les collèges Pissarro à Saint Maur et Saint Exupéry à Ormesson sont bloqués par des enseignants qui exercent un droit de retrait (mais sans vouloir en expliciter le motif réel) et prétendent attendre la réponse du rectorat. Ils traduisent cette absence de réponse par une reconnaissance de leur droit à exercer ce droit de retrait. Les élèves sont déscolarisés depuis lundi 9 novembre à Saint Exupéry et partiellement à Pissarro et le mouvement serait reconduit pour lundi prochain. Le recteur déplore ces situations mais se trouve dans l’obligation de suivre la procédure qui est très complexe et doit respecter un certain nombre d’étapes. Pour autant, à Pissarro, le collège est vaste, l’argumentation des enseignants est donc totalement déplacée. Pour Ormesson, le recteur s’oppose à ce

que les personnels se servent des ENT pour faire passer des messages politiques. En parallèle, il déplore que dans certains établissements, les enseignants qui refusent le principe de la salle unique pour une classe présentent un certificat médical attestant qu’ils ne peuvent pas porter leur cartable… Un collège de Rungis a appliqué le 50/50 :

le recteur n’a pas validé cette demande, le collège ne manque pas de place, ce n’est donc pas normal.

Nous demandons l’annulation des conseils d’école qui se sont tenus hors cadre légal : il faut présenter un recours par établissement concerné auprès de la DASEN pour les faire annuler. Est-il normal que certains établissements

veuillent tenir les conseils de classe avec 1 président, le professeur principal, 2 parents, 2 élèves… ? Les conseils de classe doivent se tenir dans le cadre habituel. Si besoin, remonter au plus vite les cas au DASEN et au recteur.

Quels sont les chiffres de cas COVID de cette semaine ? 359 cas pour les élèves et 59 enseignants, tous niveaux confondus pour l’académie de Créteil.

Que se passe-t-il lorsque les élèves n’ont pas de stage en 3ème ? Les stages de 3ème ne sont plus obligatoires. Si les élèves n’en ont pas, ils doivent être accueillis en classe. Leur rapport de stage pourra porter sur leur projet de parcours, ou sur d’autres sujets, et l’oral n’est pas une note du DNB.

Sur l’usage des ENT : Rozen Dagorne, déléguée académique au numérique sera présente la semaine prochaine pour apporter des réponses aux questions des représentants de parents.

Divers cas particuliers sont signalés auxquels le recteur a apporté des réponses qui seront remontées aux équipes concernées.

Le recteur a de nouveau remercié les parents pour ces échanges qui sont maintenant globalement bien cadrés. Il exige néanmoins que chaque association départementale n’ait qu’un seul porte-parole.

 

La prochaine réunion est programmée vendredi 20 novembre

 

Myriam MENEZ