CR de l'audioconférence avec le recteur de Créteil du 20 octobre 2020

CR de l'audioconférence avec le recteur de Créteil du 20 octobre 2020

Participants à la visioconférence :

Pour le rectorat : Daniel Auverlot, Recteur académie de Créteil, Anne-Marie Bazzo (Dasen 94), les Dasen adjoints du 93 et du 77, Sylvie Thirard (Secrétaire générale), Madjid Ouriachi (Directeur de cabinet), Gérard Jock (Proviseur Vie Scolaire)

Pour la Peep : Myriam Menez (AD 94), Anne Sophie Lapotre (AD 93), Anne Godard (AD 77)

Autres représentants de parents : FCPE 77, FCPE 93, FCPE 94, UNAAPE 77

Le recteur remercie les représentants de parents de s’être rendus disponibles pour cette réunion qui a 2 objectifs : tout d’abord faire le point sur la situation, ensuite recueillir les réactions des représentants de parents. C’est la première fois que les Dasen (ou leur représentant) sont présents à notre réunion avec le recteur. Ils ont ainsi pu apprécier la qualité et la fluidité de nos échanges.
D. Auverlot souhaite apporter les précisions sur le contexte du drame. Samuel Paty a été enseignant pendant plusieurs années dans l'académie de Créteil, en Seine et Marne plus exactement, ce qui a concouru à l'émoi dans notre académie. C'était un enseignant émérite et reconnu pour son engagement en faveur des élèves. Les accusations relayées par un syndicat d'enseignants envers la rectrice de Versailles sont fausses et lamentables. L’enseignant n’a jamais été mis en cause dans ses pratiques pédagogiques. Le recteur a ensuite annoncé qu'un travail important est en cours pour élaborer les actions qui seront mises en place le 2 novembre (jour de rentrée). Il tient à ce que les représentants de parents en soient partie prenante. Nos fédérations nationales sont actuellement associées aux réflexions ministérielles. Au moment où s’est tenue la réunion, rien n’était encore décidé par le ministre même s’il y a déjà quelques pistes de réflexions. Normalement il devrait y avoir des directives nationales mais vraisemblablement avec une grande part d’autonomie locale (à l’échelle de chaque établissement). Plusieurs questions se posent :
- Faut-il accueillir les élèves dès 8h le lundi 2 novembre ? Les enseignants vont avoir besoin d’un temps de travail commun.
- Comment organiser la minute de silence ? Tous ensemble dans la cour ou séparément dans chaque classe ?
- Comment associer les représentants de parents dans leur établissement à la journée du 2 novembre ?
Certains enseignants peuvent ne pas être à l’aise pour organiser un temps d’échange avec les élèves sur le sujet. Il n’est pas question de les obliger à prendre les élèves. Dans certains établissements, il peut y avoir des réactions déplacées d’élèves, il faudra pouvoir accompagner les équipes. Le recteur a donc demandé à tous les cadres du rectorat d’être totalement disponibles et prêts à se rendre là où les équipes pourraient avoir besoin de soutien.
Proposition de l’Unaape :
Lire un discours du Président de la République ou du ministre à tous les élèves avant la minute de silence. Le recteur a rappelé que nos fédérations nationales relaieront les actions qui relèveront des directives nationales.

La FCPE s’interroge sur le fait de distinguer les actions à mettre en place en maternelle, élémentaire et second degré. Les élèves doivent pouvoir s’exprimer et il faut accepter que certains puissent avoir des propos « déplacés » sans chercher à les sanctionner ou stigmatiser. Les représentants de parents doivent être associés pour montrer qu’ils soutiennent la communauté éducative. La FCPE du 77 s’est déjà émue du manque de bienveillance de certaines équipes envers leurs élèves. Les noms des établissements concernés doivent être portés à la connaissance du cabinet afin de refaire le point sur ces établissements.

La FCPE du 93 a proposé que les mesures décidées au lycée Paul Eluard de Saint Denis suite aux actes de violence servent d’exemple aux actions qui pourraient être mises en place.
Pour la PEEP: Nous avons fait le choix de ne pas réagir sous l’emprise de l’émotion et avons donc uniquement fait suivre des communiqués de presse. Nous allons maintenant solliciter nos équipes pour recueillir leurs propositions. Nous ne sommes pas opposés à ce qu’un temps de concertation soit accordé aux enseignants mais ce n’est pas justifié en primaire puisque chaque enseignant a sa classe et donc connaît bien ses élèves. Il saura parfaitement mettre en place les directives nationales qui seront données Nous nous interrogeons même sur la pertinence à aborder les faits en maternelle, et pensons qu'il faudra vraiment adapter le discours à l'âge des enfants en élémentaire. En revanche, pour le second degré, nous avons pris position en faveur d'une ou deux heures banalisées en début de journée mais insistons pour que la rentrée ait bien lieu le lundi 2 novembre matin (pas au-delà de 10h). Le recteur ajoute que ce temps de concertation ne serait peut-être pas non plus mis en place dans les zones rurales qui dépendent des transports scolaires.

Des moyens acoustiques adaptés (micro et enceintes) doivent être prévus si la minute de silence et les discours sont organisés en regroupant les élèves dans la cour (attention aussi à la pluie). De mauvaises conditions pourraient faire tourner la cérémonie en fiasco et ce serait vraiment regrettable. Le recteur fait confiance au bon sens des équipes de direction.

Nous sommes totalement favorables à la présence de nos représentants de parents pendant la minute de silence et pour accompagner les actions qui seront mises en place ce jour-là. Nos équipes vont être sollicitées dans ce sens. Quoi qu’il en soit, il est important que les familles soient parfaitement informées (via l’ENT par exemple) de l’organisation de la journée. Les équipes de direction doivent donc veiller à communiquer sur ce qu’elles organiseront.

Dans un deuxième temps, il nous semble qu’il serait pertinent de réunir le CAVL pour évoquer avec les représentants des lycéens ce qui pourrait être fait en faveur de la laïcité. Le recteur y est tout à fait favorable, il faut juste attendre que les CAVL soient constitués, une partie des élèves de l’année dernière sont partis et doivent être remplacés par de nouveaux élus.


Le recteur compte sur le retour des fédérations quant aux idées d’actions à mettre en place éventuellement le 2 novembre tout en gardant à l’esprit que cela doit apporter quelque chose. Il réunira à nouveau les Dasen, les chefs d’établissements et les IEN du 1er degré vendredi 30 octobre matin.

La prochaine réunion est programmée au vendredi 30 octobre.

Myriam MENEZ